Mare (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle. Emprunté du nordique marr, « mer, lac ». Petite étendue d'eau dormante, formée naturellement ou artificiellement. Mare boueuse, fangeuse. On abreuve les bestiaux à la . La d'une cour de ferme. La aux canards. Par ext. Grande quantité de liquide répandue sur le sol. Une de sang. Expr. fig. et fam. Un pavé dans la , une déclaration, une intervention soudaine et embarrassante, qui provoque de vives réactions. Titre célèbre : La Mare au diable, de George Sand (1846).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Petit amas d'eau dormante qui se forme naturellement par l'abaissement du sol, ou qu'on produit artificiellement dans les villages et dans les fermes, pour des usages communs ou domestiques. "Dans ce" "village, on abreuve les bestiaux à une , à la . Une marc stagnante. La est à sec."
Fig., "Une de sang," Beaucoup de sang répandu. "Sur le lieu du meurtre il y avait une de sang."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Petit amas d'eau dormante, naturel ou artificiel. Mener les bestiaux boire à la .
    Par extension.
VOLT.: « Après avoir vu cette presque imperceptible pour eux [les deux géants de Sirius et de Saturne] qu'on nomme la Méditerranée, et cet autre petit étang qui, sous le nom de grand océan, entoure la taupinière »
    Fig. et par exagération. Une de sang. Sur le lieu du meurtre il y avait une de sang.

 2   Auge circulaire dans laquelle les olives sont écrasées par une meule.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
MARIE: « À une sunt venu, Gardent de loin, si unt veü Raines [grenouilles] qui furent ensamblées »
    XVème siècle
A. CHART.: « Chascun se pare, Et veult aller à la tentare, Et semblent bouhoureaux [canards] en »
    XVIème siècle
O. DE SERRES: « La est une large fosse, cavée en douce pente de tous costés, afin que le bestail y puisse descendre aisement ; elle est enfoncée au milieu, toutesfois moderément, où l'eau des sources s'assemble avec celle de la pluie »

ÉTYMOLOGIE
    Basse-Norm. moire ; bourg. maire ; holland. maer, maar ; bas-lat. mara. D'après Diez, mara est une forme féminine du latin , mer, Isidore ayant, au VIe siècle, dit : Omnis congregatio aquarum, sive salsae sint, sive dulces sint, abusive maria nuncupantur.

ÉTYMOLOGIE
    Lat. barbare are (voy. MARÉE).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


(On prononce "Mâre.") Petit amas d'eau dormante, qui se forme naturellement par l'abaissement du sol, ou qu'on se procure artificiellement dans les villages et dans les fermes, pour des usages communs ou domestiques. "Dans ce village, on abreuve les bestiaux à une , à la . La est à sec."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


("Mûre".) Amas d'eau dormante, qui ne sert ordinairement que pour l'usage des bestiaux. "Dans ce village, on abreuve les bestiaux à une , à la . La est à sec."



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Amas d'eau dormante, qui ne sert ordinairement que pour l'usage des bestiaux. "Dans ce village, on abreuve les bestiaux à une , à la . La est à sec."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Amas d'eau croupissante, plus petit que n'est un estang. "Grande . petite . dans ce village on abbreuve les bestiaux à une , à la . la est seiche".




Emplacement dans le dictionnaire :

marcheux
marchoir
marciage
marcotter
mardaïte
mardelle
mardélle
mardi
mâre

maréage
marécage
marécageux
marécagine
maréchal
maréchal de bataille
maréchal-ferrant
maréchalat
marée
marelle
marémoteur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul VIDAL DE LA BLACHE (Principes de géographie humaine)

...de Paris, on voit à l'entrée ou à la périphérie du village, une de ces constructions que la longueur de ses murailles nues, la large et haute porte qui s'ouvre sur la cour intérieure, avec la mare et quelques grands arbres aux abords, distinguent des maisons qui lui succèdent. Cependant c'est suivant les pays, tantôt, la ferme, tantôt le village aggloméré qui domine, sans qu'il soit toujours...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...tige. - asseyons-nous un peu, dit Dorothée, y fait si chaud qu'on n'en peut plus... tout le monde s'adossa au tronc d'un saule vermoulu, à demi mort, où des petits pâtres avaient mis le feu. Une mare s'ouvrait au pied, obstruée de roseaux et d'oseilles sauvages ; des masses spongieuses de mousses verdâtres y flottaient, tandis qu'un grouillement prodigieux de larves et d'insectes animait les...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...paille et les vêtements qui recouvraient leurs membres... las de geindre, l'un d'eux se redressa, enjamba les barreaux et descendit par la roue ; mais il tomba rudement à terre, et y resta, dans une mare rouge, en insultant l'être suprême... des gens fuyaient, tout blanchis de la farine qu'ils dévoraient crue. Je vis une escouade rouler un baril d'eau-de-vie sous notre porte, le défoncer à coups de...


Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...la passion, Omer sur le sentiment, Dieudonné déclarait que c'étaient là des sauces qui cachaient le poisson, et un vilain poisson ! Auprès du poêle, l'hiver, et même en s'exerçant à patiner sur la mare de la prairie, ils continuèrent cette dissertation. à peine se détournaient-ils pour voir le père Vadenat tomber, à la joie générale, ou les superbes exercices du père Corbinon, qui réussissait...


Citation n°5 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...de sa face disparaît, son visage net et sain brille de haine ; il se penche sur le bronze d'un canon ; la fumée l'enveloppe ; je le revois alors admirant sa vengeance : Napoléon à terre, dans une mare rouge, les jambes déchiquetées, comme furent déchiquetées celles de ton père par le boulet de Presbourg... pendant que Bernard se repaît du spectacle effroyable, ses yeux se vitrifient, des...


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